logo lycée de Kerichen Lycée Kerichen Brest éducation nationale

HISTORIQUE

LE LYCEE DE BREST

Partie du site en construction

Les photographies et dessins seront ajoutés dans les semaines à venir

Lycée de Brest

 

Panneau n° 1 : les débuts du Lycée.

 

Le prince de Joinville, fils du roi Louis- Philippe, était officier de Marine et fort attaché à Brest. Il accepta donc, en 1839, de patronner la création d’un Collège qui porterait son nom, les lycées n’existant encore que dans les chefs-lieux de département, donc, pour le Finistère, à Quimper.

Dès 1844, le prince appuya  les demandes de transformation du Collège en vue de son admission au rang de Lycée, mais le décret ne fut signé que le 28 septembre 1848, par Hippolyte Carnot et la Révolution de février étant passée par là, on oublia le Prince de Joinville.

Le 3 octobre 1848, le Lycée de Brest était inauguré. Son premier proviseur était M. Peslin, déjà directeur du Collège.
4 ans plus tard, le Lycée devenait Lycée impérial, avant de redevenir simplement le Lycée de Brest, souvent appelé Grand Lycée, par opposition au Petit Lycée ouvert en 1882.

 

Encarts :

Henri- Jean- Louis Peslin, né en 1803 dans la Manche, mort à Rennes en 1870.

Ce licencié et docteur ès mathématiques enseigna successivement à Avranches, Saint-Pol-de-Léon, Vannes, Rennes et Lorient, avant de devenir principal, puis premier proviseur du Lycée de Brest de 1848 à 1854. Devenu professeur à la Faculté des Sciences de Rennes, il y exerça pendant 15 ans avant de prendre sa retraite, en 1869.

 

François d’Orléans, prince de Joinville.

Né en 1818, mort en 1900, le sixième enfant de Louis-Philippe manifesta très jeune la volonté d’être marin. Admis à l’Ecole Navale de Brest en 1834, il eut une carrière brillante. Sa participation au combat de la Vera- Cruz, où il occupa les locaux abandonnés de peu par le général Santa- Anna, lui valut la croix de chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire, alors que son père le Roi voulait le faire Grand- Croix. A bord de la Belle Poule, il ramena de Sainte- Hélène le cercueil de Napoléon.

Entré au Conseil de Marine, Joinville défend la modernisation de la marine et le passage à la vapeur et au blindage : pour ce faire, il soutient à fond le remarquable ingénieur du Génie Maritime Stanislas Dupuy de Lôme.

Admirable aquarelliste, conteur de talent plein d’humour, le prince, contraint à l’exil après la Révolution de 1848, voyagea en Chine, participa à la Guerre de Sécession du côté des Nordistes. Lorsque la guerre franco-prussienne éclata, le prince s’engagea sous un nom d’emprunt comme simple soldat et se comporta vaillamment, jusqu’à ce que Gambetta, ayant découvert son identité, l’obligea à quitter la France. Il y revint, élu comme député de la République en Haute- Marne en 1871, mais ne se représente pas en 1876.

 

Photos :

Le Prince de Joinville

H.J. Peslin, premier proviseur du Lycée de Brest.

Les armes du Lycée sur un palmarès de 1915.


 

Panneau n° 2 :

Les bâtiments du Lycée de Brest.
 

Le collège Prince de Joinville prenait la suite de deux  anciennes institutions privées Faure et Goëz, du nom de leurs fondateurs.

L’ Ecole Faure ouvrait sur la rue Voltaire, tandis que l’institution  Goëz, qui préparait déjà des élèves aux concours des Ecoles Polytechnique,  Navale et Normale .Supérieure se trouvait, quant à elle rue du Château. L’entrée principale du Lycée, rue Traverse, ouvrait sur un vaste quadrilatère qui s’étendait du cours Dajot à la rue du Château.

Les bâtiments étaient de style conventuel, d’une sobre grandeur. La cour d’honneur était bordée par un cloître donnant sur les bureaux de l’administration et sur les salles de cours.

Haut de deux étages, le Lycée comprenait des classes préparatoires réputées et toutes les sections de la sixième à la Terminale.

A la fin du dix-neuvième siècle, un Petit Lycée fut adjoint à l’établissement, comprenant les classes primaires à compter de la dixième et même des classes enfantines où l’on pouvait entrer à partir de 4 ans.

Un cours secondaire de jeunes filles fut ouvert en 1882 dans l’ancienne école de Notre-Dame de Bon Secours, qu’avaient dû quitter les Jésuites expulsés de France en 1880.

 

Encart :

De 1874 à 1892, il y eut 20 élèves admis à Polytechniques, 70 à Saint- Cyr et 366 à l’ Ecole Navale ! On venait de toute la France pour préparer à Brest cette dernière école, comme d’ailleurs toutes les écoles de la Marine : l’air et la vue de la mer devaient en stimuler tout autant qu’ils en distrayaient…

 

Photos :

La cour d’honneur

Une cour de récréation.

Une salle de classe du Petit Lycée vers 1930.


 

Panneau n° 3 :

La vie quotidienne :

 

Si les cours se passaient à peu près comme aujourd’hui, les conditions de la vie quotidienne étaient fondamentalement différentes.

Professeurs comme élèves étaient en uniforme à l’origine et, pour les élèves, l’uniforme subsista jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale : si , à cette époque, le vêtement bleu foncé était au gré des parents, la casquette était, quant à elle, fournie par le Lycée.

Si beaucoup d’élèves étaient internes, les autres se partageaient entre demi-pensionnaires et externes, eux-mêmes divisés en externes libres (d’aller et de vaquer après les cours) et les externes surveilés astreints à l’étude obligatoire entre la fin des cours et l’heure du dîner.

Les internes logés dans de vastes dortoirs étaient surveillés en permanence, le surveillant général étant le personnage le plus redouté de tous les lycéens. Les promenades du jeudi étaient elles- mêmes étroitement surveillées et les pensionnaires qui n’avaient pas de correspondants en ville devaient passer leurs samedis et leurs dimanches dans les murs du Lycée, sauf pour la promenade dominicale « hors de la ville ou sur des terrains de jeux »..

 

Encarts :

Un trousseau en 1937 ;

1 vêtement d’uniforme

1 casquette

6 chemises de jour

3 chemises de nuit ou pyjamas

18 mouchoirs

6 paires de bas ou chaussettes

2 caleçons

3 paires de chaussures en bon étét ou 2 paires de chaussures et une de sabots

1 sac à linge

1 nécessaire de toilette

4 draps neufs de 3 m sur 2

12 serviettes neuves de 0, 90 sur 0, 70, dont 6 pour la toilette et 6 pour la table

3 pochettes pour serviette, en toile blanche à damiers rouges

vêtements d’intérieur au gré des parents.

 

La nourriture en 1937 :

«  La nourriture est particulièrement soignée. Les menus, affichés au parloir, aussi substantiels et variés que possible, sont ainsi composés :

Petit déjeuner : café au lait, pain à discrétion

Déjeuner : hors-d'œuvre, plat de viande, plat de légumes, dessert

Goûter : pain et chocolat (pendant tout l’hiver, il est en outre donné aux élèves du thé au rhum).

Dîner : plat de viande, plat de légumes (ou bien plat de viande garni et entremets), dessert. »

 

Photos :

Le réfectoire

Un dortoir

Une publicité pour l’uniforme

Un lycéen en tenue


Panneau n° 4 :

Elèves et enseignants célèbres du Lycée de Brest.

 

Si le lycée de Brest  a vu passer dans ses murs de très nombreux futurs officiers de Marine, en raison de la réputation de sa préparation à Navale, ce n’est pas le seul domaine, il s’en faut.

Pour ne retenir que les disparus, on se doit tout de même de faire un choix difficile et en partie aléatoire.

Dans le domaine des lettres, Alain- Fournier, Victor Ségalen, Louis Hémon ou Henri Quéffélec furent élèves de l’établissement, ainsi qu’André Chevrillon, qui fut membre de l’Académie Française. Dans le corps professoral figurent Raymond Lebègue, de l’Institut, et Jules Romains, de l’Académie Française.

Chez les marins, on ne peut oublier la figure de l’Amiral Guépratte, le héros des Dardannelles, personnage incontournable du paysage brestois jusqu’à sa mort survenue en 1939. Jean Cras, qui avait quitté le Lycée en 1896 pour entrer à l’Ecole Navale, est l’homme de tous les talents : excellent marin, il finit amiral, chercheur de génie, il inventa la règle de navigation qui porte son nom, musicien de talent enfin, il composa des œuvres d’une rare qualité que l’on redécouvre aujourd’hui, dont un très intéressant « Journal de bord » ! 

En politique, Victor Le Gorgeu, premier Commissaire de la république après la Libération, fut Ministre, Eugène Bérest, professeur du Lycée, fut Maire de Brest et député.

On ne peut enfin oublier tous les anciens élèves et enseignants du Lycée de Brest morts pour que vive la France, en particulier lors des deux conflits mondiaux. Citons deux cas, l’un du professeur Havel, qui, bien qu’ayant dépassé la limite d’âge pour être rappelé sous les drapeaux, s’engagea à 53 ans dans le Régiment de Brest, le 19e R.I., et fut tué à Verdun, l’autre d’un élève, joyeux drille qui avait fait le désespoir de nombreux professeurs, mais qui, passionné d’aviation, passa en Angleterre, où il servit dans la RAF : contraint de se poser à Jersey, au retour  d’une mission, le 18 novembre 1942, Bernard Scheidhauer fut fait prisonnier et , seul Français de la Grande Evasion, fut abattu par l’ennemi après avoir été repris, le 30 mars 1944.

 

Photos  (petit format):

Alain- Fournier en uniforme de lycéen.

Victor Ségalen

Louis Hémon

Jules Romains

Guépratte

Cras

Victor Le Gorgeu

Eugène Bérest.


 

Panneau n° 5

Le Lycée en baraques.

 

Les destructions dues aux bombardements et aux très durs combats du siège de Brest n’épargnèrent pas le Lycée, dont il ne restait rien à la Libération, en septembre 1944.

Cependant, dès la rentrée suivante, le Lycée rouvrait ses portes dans des baraques situées dans le quartier de l’Harteloire, rue de l’Observatoire.

La grande nouveauté était qu’en raison des difficultés de restaurer les établissements d’avant- guerre la décision avait été prise de ne faire qu’un seul lycée et que donc la mixité était établie pour la première fois en France. Mais, bien entendu, la séparation entre garçons et filles était soigneusement maintenue en classe et dans les cours de récréation et de plus sévèrement contrôlée.

La première année le Lycée commença à fonctionner sans toilettes et sans cantine. Les salles de cours n’étaient isolées ni thermiquement, ni phoniquement, ce qui valait aux élèves du fond – on dit que c’est là que se logent les cancres- de geler en hiver, le maigre poële étant installé près du bureau du professeur,  mais aussi de profiter du cours de la classe voisine, bien sûr nettement plus intéressant que celui qu’ils suivaient !

A la rentrée 1946, l’internat fut ouvert dans trois dortoirs en dur, au lieu du mince aggloméré dont étaient construites les salles de classe. Les internes avaient le droit à une douche par semaine.

La population scolaire reprenant de l’ampleur avec le retour de la population et de l’activité brestoise, des lycées annexes furent ouverts à Saint- Pierre, dans les locaux de l’ancienne caserne de gendarmerie à cheval, à Saint- Marc, dans des baraques, et à Landerneau, dans l’ancien couvent des Ursulines, qui avait conservé son magnifique cloître, qui existe toujours.

La décision de construire un nouveau lycée au lieudit  Kerichen fut prise au début des années 50 et, petit à petit, l’administration, les classes préparatoires et les classes du secondaire s’installèrent dans ces locaux flambant neuf, en commençant par les internes. Le  proviseur de Kerichen regroupait sous son autorité l’ Harteloire, ravalé au rang d’annexe, tout comme Saint- Marc, Saint- Pierre et Landerneau. Mais, bientôt, chacun de ces établissements prit son indépendance, pendant que les collèges techniques devenaient eux aussi des lycées à part entière, donnant à l’enseignement secondaire public brestois et landernéen son visage actuel.

 

Photos :

Le Lycée en baraques, vue d’ensemble

Le corps professoral en 1947-48

4 photos en 13x18 : vue générale, la cour des garçons, une salle de classe, les lavabos

caricatures du surveillant général.